Vivre avec son chien ne devrait pas être une source de stress. Pourtant, pour les propriétaires de chiens sensibles qui peuvent avoir de fortes réactions, certaines situations deviennent des épreuves redoutées.
Tu te balades tranquillement en forêt, lorsque soudain, ton chien aperçoit un autre chien au loin. Son corps se raidit, ses oreilles se dressent, et il se met à aboyer furieusement. Mais tu tentes de le calmer, mais en vain. Le passant, effrayé, se détourne et te lance un regard accusateur tout en étiquetant ton chien de « chien méchant ».
Ou encore, pendant ta balade, ton chien entend un bruit non identifié. Il se met à paniquer, cherchant à fuir le plus loin possible, en hurlant et tu ne sais plus quoi faire pour le sortir de son état de panique.
Ce type de situation est malheureusement monnaie courante pour les propriétaires de chiens dits réactifs. La simple présence d’autres chiens, de personnes, d’objets ou de bruits peut déclencher des réactions excessives chez leur animal, transformant certaines situations en une source d’anxiété et de frustration. Ce sentant démuni de ne pas savoir l’apaiser.
Ces chiens ne sont pas « méchants », et ce n’est pas un manque d’éducation qui les a amené là.
Ces chiens vivent des moments d’anxiété qui les font réagir comme ça. Ils ont des humains courageux qui tentent comme ils peuvent, avec les connaissances qu’ils ont, de faire au mieux dans leur quotidien.
Dans cet article, nous explorons les différentes facettes de la vie avec un chien réactif pour mettre en lumière la sensibilisation envers ces chiens au cœur sensible et la compassion envers l’humain qui les accompagne.
Les défis quotidien
Peur et anxiété constantes
Pour l’humain non plus, ce n’est pas facile. Certaines situations quotidiennes comme promener son chien dans la rue ou accueillir des amis à la maison peuvent être une source d’anxiété importante. Ils peuvent craindre que leur chien réagisse négativement à d’autres chiens, à des personnes ou à des stimuli environnementaux, et qui pourrait engendrer des comportements problématiques.
De ce fait, ils deviennent hyper vigilant à leur tour, sachant que le comportement des autres n’est pas prévisible et que n’importe quelle situation pourrait dégénéré. On se retrouve alors avec 2 individus, chien et humain, dans l’inconfort total d’une situation sans pouvoir s’appuyer l’un sur l’autre.
Cette peur peut amener ces humains à éviter certaines situations ou certains endroits, par crainte du regard des autres, ou de l’incertitude et du manque de sécurité qu’ils ressentent. Cela amène parfois à l’isolement social et au repli sur soi.

La fatigue de la gestion quotidienne
Mais les défis ne s’arrêtent pas là. Gérer et accompagner un chien réactif demande beaucoup de temps, d’efforts et de patience.
Ces humains doivent apprendre à comprendre leur chien sur le bout des doigts, car ils n’ont pas la même capacité de tolérance à nos erreurs. Les erreurs qu’un chien bien dans ses pattes va absorber sans que tu t’en rende compte, ne passera pas avec un chien sensible.
De ce fait, l’éducation et la socialisation d’un chien sensible peuvent s’avérer moins évidentes. Les méthodes d’apprentissage traditionnelles ne sont souvent pas adaptées à leurs besoins spécifiques, et les interactions avec d’autres chiens peuvent rapidement se transformer en expériences traumatisantes.
Cela demande de comprendre leur communication, d’identifier les signes de stress, les déclencheurs, à comprendre la principe de la zone de confort et à mettre en place des stratégies pour les éviter ou les gérer. Cela leur demande de bonnes connaissances sur des techniques de désensibilisation, de compréhension des émotions, et l’utilisation de techniques de modification du comportement. Et c’est pour ça qu’ils ont besoin d’être accompagné.
Ces chiens ont besoin d’espace pour se sentir en sécurité. Et le manque de connaissances de ces besoins chez les personnes n’ayant jamais eu de chiens sensibles qu’ils vont croiser au quotidien, rend la tâche beaucoup plus difficile.
Jugement et incompréhension
En plus des difficultés pratiques, ces humains doivent également affronter l’incompréhension et le jugement de la part de leur entourage. Les regards accusateurs, les commentaires désobligeants, les mauvais conseils non consentis et les reproches fusent, aggravant un sentiment d’isolement et de frustration. On peut leur dire que leur chien est « mal élevé » ou qu’ils sont de mauvais humains. Le fameux « tel chien, tel maître ».
Et à l’air des réseaux, ce n’est plus seulement l’entourage qui s’y met, mais de parfaits inconnus n’ayant aucune idée de la situation, ni du chemin parcouru. Cela peut être extrêmement blessant.
Mais le plus grand juge de toute cette situation, c’est lui. Ou elle. Le partenaire de ce chien réactif, qui se tape dessus à longueur de temps. Qui trimballe ce sentiment d’échec et d’impuissance de ne pas réussir à faire encore plus pour le bien-être de son chien.
Pourtant, il fait de son mieux. Parfois, il manque d’outils pour avancer. Mais il fait parfois aussi tout ce qu’il faut. Mais on ne supprime pas une sensibilité. On l’apaise, on la gère, on progresse et on trouve un équilibre pour un maximum de bien-être au quotidien.
les limitations imposées
Avoir un chien sensible peut limiter aussi les activités que le binôme peut faire ensemble. Par exemple, il peut être difficile d’emmener son chien en ville, à la plage ou dans d’autres endroits fréquentés. C’est un crève cœur de ne pas pouvoir partager ce que d’autres humains partagent avec leur chien, parce que celui-ci n’est pas à l’aise avec certains aspects de ces endroits. Et parfois, même dans des endroits considérés comme désert, il n’est pas rare pour eux d’avoir une mauvaise expérience si par malheur, quelqu’un ou quelque chose surgit de nulle part.
Mais au delà des activités ensemble, d’autres aspects de la vie de l’humain peuvent être impactés. Comme le fait de ne pas pouvoir recevoir des amis. Ne pas pouvoir laisser son chien seul à la maison. Ne pas savoir quoi faire de lui et devoir en permanence adapter son planning à ses difficultés.
Certains diront que c’est normal, que c’est son chien et qu’il faut l’assumer. Mais il est parfois plus facile de le dire que de devoir le subir. C’est parfois usant et frustrant au quotidien de devoir se restreindre et avoir une vie moins riche dont on aurait besoin.

Les coûts financiers
Gérer un chien sensible peut aussi être très coûteux.
Comme il est très loin d’être évident de pouvoir régler les troubles du comportement d’un chien sensible, les frais d’accompagnement d’un éducateur, d’un comportementaliste, d’un vétérinaire comportementaliste ou de plusieurs en même temps, peuvent s’accumuler rapidement.
Il peut également y avoir des frais de médicaments, d’aide complémentaires ou d’aménagement de l’environnement.
Mais là où cela peut aussi couter cher, c’est lorsqu’on est pas conscient du problème ou pas accompagné et que l’on doit faire appel à des services vétérinaires en raison de blessures/morsures liées à ses réactions, sur lui même ou sur les autres.
Au delà des apparences
Mais au delà des difficultés, au delà de la critique et de l’agacement que tu peux parfois ressentir parce qu’un chien ne se comporte pas comme l’image que tu t’en es fait, il y a une chose encore plus importante que tu ne sais pas si tu n’as jamais eu de chiens sensibles.
- C’est l’amour inconditionnel que l’humain porte à son chien pour tenter tout ce qu’il peut pour l’aider à progresser et à se sentir mieux au quotidien, quitte à se sacrifier au passage.
- C’est le lien unique qui les unit lorsque ceux-ci ont appris à communiquer l’un avec l’autre et à se servir mutuellement de pilier de soutien.
- C’est la joie immense et la fierté ressenti à chaque progrès rendu possible par un travail patient d’accompagnement et gestion des émotions.
- C’est le lien profond que permet un tel parcours quand bien même il n’est pas toujours facile au quotidien.
La plus belle chose que peuvent nous apporter les chiens sensibles, ayant malheureusement des réactions dues à l’anxiété, c’est l’obligation pour l’humain, un peu par la force des choses, de devoir se remettre en question, apprendre à comprendre son chien et rentrer pleinement dans son univers.

Conseils
Si tu connais l’humain d’un chien sensible, ou si tu le croises seulement dans la rue, n’oublie pas:
La majorité des propriétaires de chiens réactifs font de leur mieux pour gérer leurs chiens de manière responsable et sûre.
Ils ont besoin de soutien et de compréhension de la part de leur entourage, de la communauté et non de jugement et de blâme. Ils ont besoin de l’aide des personnes qu’ils vont croiser, pour sortir d’un cercle vicieux dans lequel ils sont rentrés. Et pour ça, tu n’as besoin de faire qu’une seule chose: Donner de l’espace aux chiens que tu croises. Ne pas rester sur le chemin. Faire un pas de côté. T’éloigner un petit peu avec ton chien. Ne pas vouloir les toucher.
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