Analyser son état émotionnel

En plus de bien connaitre la communication du chien pour commencer à comprendre ce qu’il nous dit, il est aussi important de connaitre et de repérer les signes de stress et d’émotions fortes qui indiquent qu’une situation peut le mettre mal, voir très mal à l’aise.
Suivant le contexte, les émotions fortes peuvent être « positives » comme « négatives », c’est à dire qu’elles peuvent se manifester en cas d’anxiété, de frustration, mais aussi d’euphorie ou d’excitation.

  • La Pilo-érection (hérisser son poil)
Merci Marie pour cette photo d’illustration très explicite!

La pilo-erection, c’est cette bande de poil aux niveau des épaules principalement (sur la croupe ou toute la ligne de dos parfois) qui se hérisse quand le chien a peur. Elle n’est pas consciente. C’est une réaction épidermique. On peut la repérer facilement sur des chiens inconnus qui se rencontrent ou quand un chien tombe nez à nez avec quelque chose qui l’inquiète.
Et plus la « crête » est épaisse et plus le stress est palpable.
C’est une réaction immédiate.
Sur la photo, on peut voir que l’approche de plusieurs chiens en même temps créer une situation de tension pour ce boxer, qui ne se sent manifestement pas détendu lors de cette rencontre avec plusieurs chiens à gérer en même temps.
En regardant de plus près, et en sachant quoi regarder, on peut aussi observer que 2 des autres chiens du groupe ont également une crête entre les épaules. La situation est tendue pour tout le monde.
Cependant, cette tension ne signifie pas qu’une bagarre va éclater entre les chiens. Tout dépend de la communication qui va avoir lieu entre chacun et des intentions qu’ils vont exprimer. Mais plus la tension est palpable, plus le risque est important que l’un d’eux cherche à se défendre.

  • Haleter (respirer fort)

Hormis lorsque les chiens respirent fort parce qu’il fait chaud ou qu’ils sont fatigués après de l’exercice physique intense, haleter de manière prononcée indique une montée en tension liée au stress.
On peut observer une augmentation de la fréquence de respiration et une cage thoracique qui va gonfler davantage. La respiration s’accélère et le chien à besoin de ventiler.
Cela indique un inconfort assez important.
C’est un petit peu la même que lorsque nous avons un coup de chaud après une montée adrénaline.

  • Se gratter

« Mon chien se gratte mais il n’a pas de puces. »
Et bien, c’est parce que se gratter n’est pas forcément synonyme d’infestation. Il peut y avoir plusieurs raisons médicales liées aux allergies, l’inconfort du collier aussi.. mais c’est également un signe d’émotions fortes. Agacement, frustration, stress important, débordé par ses émotions et hop, un grattage. Certains vont également jusqu’à se « grignoter » la peau avec les dents, exactement comme lorsqu’ils ont des puces.
Parce que ce n’est pas forcément la démangeaison le problème, mais aussi l’agacement et la crispation que cela provoque. Et la « non-gestion » des émotions est aussi une source de crispation.

  • Le bâillement

Le bâillement est en quelque sorte, un régulateur de tension. Les chiens baillent lorsqu’ils se réveillent pour mettre un petit coup de boost à leur corps pour faire une activité plus « vive » (comme nous en fait, lorsqu’on baille et qu’on s’étire), ou bien lorsqu’ils changent de rythme.
Après une situation d’émotions fortes, lorsqu’elle est dûe à une hausse de l’excitation ou du stress, certains chiens peuvent déclencher un bâillement très profond après coup.
Il est le résultat d’un système qui tente d’évacuer le trop plein d’émotion. C’est une façon de revenir à un niveau de tension plus stable.
Toutefois, lorsque l’émotion est vraiment trop forte, il se trouve parfois que certains n’arrivent pas à évacuer (bâillement ou se secouer), ou seulement à moitié.
Ce qui indique que l’émotion forte est encore partiellement voir totalement présente et que le chien n’arrive pas à réajuster ses émotions.

  • Se secouer/S’ébrouer

Se secouer fait également partie des signes visibles après avoir vécu une émotion forte.
Suivant les chiens, certains utiliseront plus instinctivement le bâillement ou le fait de se secouer pour réguler leurs émotions. Certains utilisent les 2, mais il y a souvent une prédominance de l’un des 2.
Il est facile de voir des chiens s’ébrouer après une partie de jeux par exemple. Ils évacuent l’excitation et les tensions pour arrêter le jeu ou repartir plus calmement.
Dans d’autres situations, se secouer sera visible pour évacuer le stress d’une situation vécue comme anxiogène.

  • Les pupilles dilatées

Plus difficile à voir dans le feu de l’action, mais pas moins réel, la montée d’adrénaline provoque un réflexe physique où les pupilles se dilatent.
C’est une prouesse biologique qui permet à l’individu de se mettre en état d’alerte et de mieux repérer les menaces.

  • La tension des muscles

Lorsque nous sommes stressés, nous sommes tendus. Les chiens aussi.
La tension du corps tout entier et l’immobilité sont signes que le chien se sent menacé et prêt à se défendre si besoin.
Si un chien se présente comme ça à ses congénères, il n’est pas dominant. Il n’exprime pas sa supériorité.
Il exprime soit un malaise lors de la rencontre avec les chiens qu’il ne connait pas parce qu’il se sent menacé, soit qu’avec lui, on ne se comporte pas n’importe comment s’il a eu des expériences passées désagréables… et dans le doute, au cas où, il prévient de suite qu’il ne tolère pas les familiarités.

  • Les mouvements de queue

« Si un chien remue la queue c’est qu’il est content.. »
Et bien non! Comme expliqué dans les mythes et légendes, un chien qui remue la queue n’est pas un chien content. L’amplitude et le port de queue peuvent exprimer de nombreuses émotions. Et pas toutes très positives. Pour schématiser un petit peu (beaucoup même), une queue ample et lente indiquera plus probablement la détente qu’un mouvement court et rapide, qui lui, sera plus une émotion intense.
Une queue immobile indiquera une tension: Interrogation, Inquiétude, stress.
Mais le port de queue à lui seul ne permet pas d’interpréter une émotion. Il faut donc retenir qu’un chien peut parfaitement arriver queue battante, sans exprimer une attitude amicale.

Et quand on a pas de queue me direz vous? Et bien, ça complexifie un petit peu la communication et la compréhension… mais ce n’est pas impossible pour autant en regardant le reste des informations à sa disposition.

  • Léchages compulsifs

LE truc IN-SUP-POR-TABLE par excellence, les fameux léchages compulsifs.
Sur les mains, les pieds, le visage.. sur nous, sur les autres chiens et parfois sur le carrelage, son panier voir jusque dans le vide et qui amène souvent les autres à une attitude de rejet lorsque ce comportement est excessif. Et plus on le repousse, pire c’est!
Attention toutefois, ce comportement de léchage est un geste amical à l’origine. Il n’y a rien de mal là dedans et repousser un chien qui nous montre une marque d’affection n’est pas cohérent pour lui.
Cependant, ce comportement est un signe d’état émotionnel peu stable, très juvénile et marquant souvent un niveau d’anxiété assez prononcé lorsqu’il est vraiment utilisé à l’excès par un chien, particulièrement chez le chien adulte donc. Et parfois encore, un signe de malaise avec l’individu à qui cela s’adresse.
A interpréter donc, en fonction de la situation et des autres signes émis par le chien.
(certains léchages sur les surfaces de la maison ou dans le vide peuvent aussi être source de douleurs gastriques… liés au stress… ou pas!)

  • Soumission – miction

Autre comportement indiquant un état de stress par excellence, c’est la soumission.
Contrairement à un chien réactif qui se sent en mesure de se défendre, un chien qui se soumet demande par ce biais à ce « qu’on ne lui fasse aucun mal ».
Même si la plupart des gens sont fiers d’avoir un chien soumis parce qu’il n’est pas agressif, la soumission systématique, d’autant plus si le chien se fait pipi dessus, est un comportement qui n’est ni sain ni à encourager. C’est une stratégie d’inhibition ( voir les réflexes de défense) et une incapacité à faire face à des situations du quotidien qui ne nécessitent souvent pas une telle réaction. C’est un manque de confiance manifeste.

Mon chien montre des signes de stress mais il veut aller au contact quand même – Comportement ambivalent

Le comportement ambivalent survient dans une situation où l’individu a « le cul entre 2 chaises ».
Il est partagé entre l’envie, la curiosité et la peur, et ne sait plus trop vers quoi se tourner.
Sa perception du contexte n’est pas clair et cette situation est plus difficile à interpréter et parfois dangereuse.
« Mais pourquoi veut-il y aller si il a peur ? » demande t-on souvent.
Et bien parce que les émotions entremêlées ne lui permettent pas de distinguer clairement si cela représente un danger ou non.

De ce fait, malgré de nombreux signes de stress, certains vont avoir besoin d’aller au contact pour se rassurer, pour aller vérifier, par curiosité mais peuvent avoir de mauvaises réactions une fois pris dans une situation qu’ils ne maitrisent pas, ou qu’à moitié. Ils se mettent eux même dans une situation compliquée.
C’est pour ça que comprendre la notion de zone de confort est importante dans le processus de réflexion et de reprise de contrôle de ses émotions. Ce n’est pas parce qu’il veut y aller, qu’il faut y aller pour autant.

Petit comparatif

Un même chien, quelques secondes d’intervalles….
Que voyez-vous?

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