A l’occasion de la polémique qui perdure dans le milieu professionnel et associatif canin sur le projet de loi sur l’interdiction des colliers de dressage en France, je repartage cet article écrit en 2018 et remis à jour car toujours d’actualité!
📢 Mise à jour – juillet 2025
L’article 14 de l’arrêté du 19 juin 2025, interdit désormais l’usage de certains outils coercitifs (colliers étrangleurs, à pointes, électriques…).pour les professionnels.
Ce changement légal confirme ce que de nombreux professionnels (dont moi) défendent depuis longtemps :
🔸 ce n’est pas en punissant qu’on apprend à un chien à se sentir mieux.
Dans cet article, il ne s’agit pas de porter un jugement sur ceux qui les utilisent, mais d’expliquer clairement la raison qui poussent une grande partie de la profession, de nombreux propriétaires de chiens et certains pays à refuser d’utiliser ce genre d’outils en tant que modèle d’éducation.
UNE UTILISATION CONTROVERSEE
Il y a beaucoup de sujets qui font débat dans le monde de l’éducation du chien de compagnie dont l’utilisation des colliers de dressage. Mais pour quelle raison une partie de la profession refuse en bloc d’utiliser ces outils, au même titre que de nombreux propriétaires de chiens?
Ces professionnels ne le font pas par manque de connaissances de l’utilisation de ces outils. il ne s’agit pas de dire que pour bien les utiliser, il faut savoir s’en servir correctement… ça c’est une évidence! Mais il faut aussi savoir se servir de certains outils pour pouvoir connaître leur impact et refuser volontairement de les utiliser.
Malheureusement il ne faut pas croire que ces outils ne fonctionnent pas. Ils répondent parfaitement à ce pour quoi ils sont fabriqués. La question est de savoir si éthiquement il est acceptable de les utiliser sur “notre ami/compagnon” canin, qui a bien du courage à supporter nos exigences et nos maltraitances, parfois involontaires.
C’est pour cela qu’il est important d’alerter les propriétaires sur les conséquences de leurs utilisations.
LES DIFFERENTS TYPES DE COLLIERS DE DRESSAGE
- Le collier étrangleur: autrement appelé collier chaînette ou collier sanitaire, qui n’est ni plus ni moins qu’un collier coulissant exerçant une pression ( plus ou moins appuyée) sur la trachée pour punir un comportement.
- Le collier à pointes/à piques ou Torcatus: autrefois utilisé pointes en l’air pour la protection des chiens de troupeaux contre les loups, son utilisation a aujourd’hui été détournée pour être utilisé pointes contre le cou, pour inhiber certains comportements du chien. L’argument souvent avancé pour justifier cet outil est de dire qu’il ne fait que reproduire
- Le collier électrique: soit en collier de dressage soit en anti-aboiement, le collier prévient sous forme de bip et envoie une décharge électrique pour stopper un comportement.
- Le Collier à la citronnelle ou à air comprimé: ces colliers ont pour objectif d’envoyer une décharge d’air ou de citronnelle pour paraître moins “violents” que les colliers électriques et mieux accepté par le grand public.

Ces outils sont dit coercitifs: Ils permettent de contraindre un individu de manière physique à faire quelque chose contre son gré.
Ils sont fait pour être répressifs et vont de pair avec une éducation basée sur la punition physique et émotionnelle.
LES DANGERS DES COLLIERS DE DRESSAGE
Ils infligent douleurs et blessures
Le cou du chien renferme des organes importants qui peuvent être endommagés par l’utilisation de collier de dressage et par la capacité de l’humain à les utiliser à répétition grâce à leur facilité d’utilisation sans prendre en compte leurs conséquences.
De nombreux problèmes peuvent être soulevés lorsque l’on utilise ce genre de collier:
Irritations, tensions, contusions, blessures musculaires, brûlures, pression artérielle, problème respiratoire, problème de déglutition…
Je vous laisse prendre connaissance de l’anatomie du chien et des organes qui sont impactés par ces colliers, via la super vidéo de Freedogz.be
Saviez-vous également que la pression sur la trachée pouvez avoir des impacts sur la possibilité de régulation émotionnelle? A travers le nerf vague, qui permet entre autre de réguler la pression artérielle, et donc l’accélération du rythme cardiaque et la fréquence respiratoire, la pression sur la trachée entrave la possibilité de régulation émotionnelle.
Je vous invite à lire ces excellents articles sur la question:
– « Préservez le cou de votre chien » de Mon chien relax
– « Les effets néfastes des outils coercitifs sur le nerf vague » et « Le corps n’oublie rien” : du rôle du nerf vague dans l’auto régulation émotionnelle du chien » de cynRgie
À punir à tort et à travers, à anticiper là où ça n’est pas nécessaire, sans savoir exactement quelles seront les associations que le chien va faire lorsqu’il est réprimandé, nous provoquons des conséquences dramatiques sur son niveau de stress et son niveau de réactivité.
Les chiens peuvent faire des associations négatives qui n’étaient pas prévues et associer la gêne ou la douleur à quelque chose dans leur environnement. Un chien, un humain, un vélo, un enfant, etc… Et sans le vouloir on peut créer des peurs et augmenter leur niveau de stress, d’irritabilité, et d’agressivité.
Ils sont inutiles, voir contreproductifs
Parce que, oui, la vrai raison est aussi là.
Ces outils ne sont absolument pas utiles, ils sont même contre-productifs, pour éduquer son chien ou résoudre un problème de comportement. Dans quelle mesure est-il alors justifié d’utiliser des outils blessants alors qu’ils sont potentiellement moins efficace.
» Les résultats montrent que l’utilisation de méthodes de dressage aversives (par exemple, la punition positive et le renforcement négatif) peut mettre en péril la santé physique et mentale des chiens. De plus, bien que la punition positive puisse être efficace, il n’y a aucune preuve qu’elle soit plus efficace que l’entraînement basé sur le renforcement positif. En fait, il y a des preuves du contraire. »
The effects of using aversive training methods in dogs—A review – Journal of veterinary behavior may-june 2017
Dans une société où l’on se base systématiquement sur le curatif plutôt que sur le préventif, l’éducation canine n’est pas en reste… C’est donc en tout illogisme que l’on tente de résoudre le problème une fois qu’il est installé, plutôt que de chercher à l’éviter.
Mais là où la prévention n’a pas eu lieu et où le problème est déjà installé, il n’en reste pas moins que ces outils sont inappropriés pour résoudre des problématiques qui ont comme première composante la souffrance émotionnelle du chien.
Il est plus facile de résoudre un problème en effaçant les symptômes plutôt que de soigner le problème de fond.
Pourtant, comme en médecine ou dans d’autres domaines, c’est toujours un peu comme mettre un pansement sur une jambe de bois.
Ils sont considérés comme de la maltraitance
Certains de ces outils sont considérés comme de la maltraitance dans certains pays et sont donc interdits ou strictement réglementés comme au Danemark, en Australie, en Allemagne, en Suisse en Autriche, en Slovénie, en Angleterre,en Finlande, en Suède et en Écosse.
La convention européenne pour la protection des animaux de compagnie, signée par la France, y ajoute également un article dédié: “Article 7 – Dressage”
« Aucun animal de compagnie ne doit être dressé d’une façon qui porte préjudice à sa santé et à son bien-être, notamment en le forçant à dépasser ses capacités ou sa force naturelle ou en utilisant des moyens artificiels qui provoquent des blessures ou d’inutiles douleurs, souffrances ou angoisses. »
Certaines associations vétérinaires se sont également prononcées en leur défaveur:
- L’ordre des médecins vétérinaires du Québec.
- The American Veterinary Society of Animal Behavior (AVSAB)
Les scientifiques se sont aussi penchés sur la question des méthodes punitives chez le chien, avec ou sans outils spécifiques.
« Ces résultats indiquent que les méthodes de dressage basées sur l’aversive, en particulier si elles sont utilisées dans des proportions élevées, compromettent le bien-être des chiens de compagnie à la fois dans et en dehors du contexte de dressage. »
Vieira de Castro AC, Fuchs D, Morello GM, Pastur S, de Sousa L, Olsson IAS. Does training method matter? Evidence for the negative impact of aversive-based methods on companion dog welfare. PLoS One. 2020 Dec 16;15(12):e0225023. doi: 10.1371/journal.pone.0225023. PMID: 33326450; PMCID: PMC7743949.
« Cette étude exploratoire révèle les effets différentiels des 2 méthodes de dressage sur les comportements des chiens ; Cela suggère que les méthodes d’entraînement basées sur le renforcement positif sont moins stressantes et potentiellement meilleures pour leur bien-être. »
Effects of 2 training methods on stress-related behaviors of the dog (Canis familiaris) and on the dog–owner relationship – Stéphanie Deldalle/Florence Gaunet – Journal of veterinary behavior 03-04 2014
Ils abîment la relation à son chien
Avec tout ça, il est plus facile de comprendre que la relation qui unit l’animal à son humain ne peut pas être complètement saine dans ce contexte. Enseigner dans la crainte n’est pas une manière appropriée pour obtenir une bonne éducation.
Que pensez-vous des professeurs ou des gens autour de vous qui vous ont manqué de respect et qui vous ont brutalisé pour vous apprendre quelque chose que vous ne saviez pas, souvent en faisant comme si vous étiez déjà censé savoir. Avez-vous une bonne relation avec ces gens-là? les appréciez-vous? Avez-vous envie de passer plus de temps avec eux ou de leur rendre service?
Pas sûr…
DES ALTERNATIVES?
Pour certains problèmes, il existe d’autres alternatives à ce genre d’outils. Le harnachement du chien doit davantage être basé sur son confort et sur son bien-être que sur le contrôle qu’il procure. Même s’il est parfois nécessaire de garder un minimum de contrôle pour apprendre au chien à devenir autonome quand la situation nécessite un apprentissage.
- votre chien aboie, il fugue, il tire en laisse ? La première question à se poser avant d’utiliser n’importe quel outil sera de savoir si les besoins fondamentaux de ce chien sont respectés… parce que s’il passe ses journées dans son jardin et qu’il n’a rien de mieux à faire, il est tout à fait normal qu’il présente des comportements gênants, des signes d’anxiété ou qu’il cherche à compenser. Ensuite il s’agira de déterminer quelles sont ses difficultés, pour l’aider tout en éliminant les comportements gênants .
- Il est réactif/agressif? L’agressivité est un réflexe de défense lié à une émotion négative, ajouter une source de stress supplémentaire n’aidera pas le chien à s’apaiser.
Bien sûr que ce comportement est gênant. Bien sûr que nous aimerions qu’il disparaisse mais ce n’est pas quelque chose qui “s’interdit”. On ne peut pas interdire une émotion, On ne peut que diminuer son expression.. Il vaut mieux donc chercher à apaiser l’émotion à l’origine de ce comportement. Pour ça, je t’invite à lire le B.A.BA pour mieux comprendre d’où vient le problème.
On ne punit pas un chien parce qu’il souffre. On lui apprend à mieux communiquer son problème.
Quelques pratiques utilisées:
- Connaissance de ses besoins
- Lecture du comportement du chien
- Connaissance de ses signes de communication
- Gestion de l’environnement
- Félicitations
- Harnais de promenade
- Harnais anti-traction (suivant la situation.. si vraiment c’est ingérable)
- collier plat éventuellement si le chien ne tire pas.
- Longe (5,10)
- Aménagements/occupations autonomes à la maison


Mais au-delà de ces outils qui ne sont que des aides complémentaires, la meilleure alternative qui existe est celle d’apprendre à connaître son chien, à savoir comment il apprend et comment il réfléchit pour l’aider à dépasser ses difficultés ou mieux se faire écouter sans avoir besoin d’utiliser la répression.
Il n’existe pas de méthode miracle pour éduquer son chien, quel que soit l’outil utilisé, il faut du temps, de la patience, de l’investissement mais surtout de l’empathie.
Certains diront que ce n’est pas l’outil qui est en cause mais l’utilisation que l’humain en fait. Certes, mais ces outils n’ont pas été créés pour rien non plus… Cela reste le même débat pour tout outil répressif ou dangereux. Doit-on supprimer l’outil pour en supprimer sa dangerosité potentielle… Je laisse chacun trouver sa réponse à cette question!
Si tu as des liens vers d’autres études ou d’autres sources pour compléter l’article, n’hésites pas à les partager dans les commentaires ! Je me ferais un plaisir de les rajouter pour l’étayer ![]()
Et si tu n’es pas d’accord avec cela, ton avis compte aussi, alors tu peux également faire part de sources qui pourraient indiquer le contraire!

bonjour. C’est un très beau site et bien fait. Merci a vous .