6 fondamentaux pour mettre son chien réactif en situation en extérieur


1- No contact!

Ce qu’il faut retenir en premier lieu c’est que l’apprentissage doit être progressif.
Une étape à la fois.
On ne va jamais à la confrontation, Jamais.
Avant de vouloir ou de pouvoir aller au contact, il va falloir faire machine arrière.
Même si votre chien vous dit ou montre qu’il veut y aller, il y a une différence entre vouloir et pouvoir.
Ce n’est pas parce qu’il veut à tout prix aller au contact que cela signifie qu’il à la capacité émotionnelle pour se gérer et qu’il va savoir se maitriser.
Il faut déconstruire le mécanisme qu’il s’est créé.

Ce laps de temps peut être plus ou moins long suivant son stress et ses difficultés. Mais c’est quasiment un passage obligé pour de nombreux chiens.
La reprise de contact se fera petit à petit. Mais ce processus est trop spécifique pour être détaillé à l’écrit sans faire de trop gros raccourcis.

Attention! Pas de contacts physiques nez à nez ne signifie pas qu’il faut fuir tous les individus / objets que l’on voit. Mais simplement que l’on va chercher à rester à distance (voir point numéro 3) et à observer de plus loin le plus souvent possible. (voir point numéro 4)

« En quoi cela va t’il l’aider si je le désocialise?« 
Il n’est pas question de désocialiser. Un chien peut tout à fait communiquer à distance sans avoir besoin de mettre le nez systématiquement sur tout ce qu’il voit. Son système olfactif est très performant.
Souvent même, il se sent obligé d’y aller pour se rassurer, mais pas par envie de contact.
Après quelques séances, il est même fréquent de lire que finalement, le chien n’a pas tant envie d’y aller que ça. C’est le stress/ l’ambiguïté émotionnelle qui le pousse à y aller.
Il a donc besoin de réapprendre qu’il a le choix.

Il sera, par exemple, plus en mesure de gérer le peu de chiens/humains qui viendra le voir que si, lui, va au devant de tout le monde.

2- Adapter le contexte

Quand on veut reprendre les bases avec un chien inquiet, il faut savoir s’adapter. Et s’adapter veut aussi dire trouver des endroits spécifiques pour lui permettre de faire de bonnes expériences et ne pas vouloir s’acharner à vouloir le faire rentrer dans le moule dans les endroits où nous voulons aller.
C’est plus ou moins facile suivant notre lieu de vie, mais il y a toujours des possibilités.

Si mon chien réagit aux humains ou aux chiens, je vais aller dans des endroits ouverts (c’est à dire, là où on a des possibilités de déplacements – pas des chemins étroits en forêt par exemple – pour l’aider à s’éloigner au besoin). En ajustant le moment pour y avoir une affluence pas trop importante.
Pas non plus de marché, lieu bruyant qui vont ajouter du stress et de la promiscuité.

Si mon chien réagit aux voitures, je ne me place pas en bord de route, mais à une distance suffisante pour les voir passer de plus loin avec un trafic faible à modéré.

Si mon chien réagit aux enfants, je n’attends pas avec lui aux abord d’une école à la sortie des classes. Je vais dans un parc un jour de faible affluence et je reste à suffisante distance des jeux pour enfants pour qu’il ne soit pas stressé et que les enfants ne soient pas incité à venir le caresser.
Je ne provoque pas de situations problématiques.

« Oui, mais moi, il réagit aussi sur les trottoirs en ville, je fais comment ?« 
Je fais au moins pire pour éviter de renforcer son anxiété en passant le plus rapidement possible la situation, mais je ne commence certainement pas par là.
Un trottoir exigu, peu d’espace, peu de marge de fuite, une laisse tenue court, un certain stress dans un environnement urbain bruyant et c’est le combo gagnant. C’est LA situation la plus anxiogène pour le chien qui n’a pas beaucoup d’autres options. C’est le sommet de l’Iceberg. Il y a souvent bien d’autres contextes à faire évoluer avant celui là.

Si c’est un environnement de tous les jours, il va falloir faire des ajustements pour éviter le trop plein de stimulations ou les endroits trop fréquentés pour commencer.

3- Adapter la distance

Pas ou peu de réactions.
Dites vous que c’est un jeu et que l’objectif est : Le moins de réactions disproportionnées possibles.
Zéro réactions d’anxiété n’étant pas toujours possible.
Pour ça, je recules, je me déplaces, je lui apprends à contourner ce qui le fait réagir… A distance, à grande distance parfois au départ.
Et plus ça ira, moins la distance sera importante.
Mais il faut se dire une chose… la progression n’est pas linéaire, car les émotions ce n’est pas quelque chose de stable. Il y aura des jours avec et des jours sans. Et la distance ne se réduira pas par magie à chaque sortie.

4- Observer

Pour observer, il ne faut pas être stressé, ni contraint.
En plus de la distance, il n’est donc pas recommandé de demander un assis, un couché ou n’importe quelle autre demande à son chien. Il faut lui laisser la position dans laquelle il est la plus confortable.
il faut aussi du temps. 30 secondes, une minute, 5 minutes. Jusqu’à ce que le chien se détourne plus ou moins tout seul de ce sur quoi il est fixé.
S’il tourne la tête ailleurs ou vous regarde, c’est qu’il peut passer à autre chose.
On prend le temps pour lui. On est pas pressé. Il vaut mieux un circuit plus court et bien assimilé.

5- No stress

Si je stress et que j’anticipe ses comportements, ça va forcément être compliqué à faire évoluer.
Si je stress, il est inévitable que je lui transmets. Et son stress + le mien, ne l’aidera pas à se gérer.
Et je suis navrée de dire que là dessus, il n’y aucune solution à part se faire accompagner dans sa démarche. Au moins au début. Pour se sentir plus à l’aise et reprendre la main sur ses propres émotions.

6- Valoriser les émotions et les comportements

Je félicite et je valorise tous comportement de « non réaction » (pas d’aboiement / de fuite / d’agression/ etc…) et de détournement.
Par exemple:
– Abandonner l’idée d’y aller ou de fuir à toutes jambes
– Renifler une odeur
– Faire autre chose
– Revenir vers vous …

Mais je ne lui demande pas de se détourner systématiquement!
Il ne s’agit pas de l’empêcher de regarder ce qu’il y a autour de lui et de se dépêcher d’avancer en mettant la tête dans le sable.
On ne se sent pas à l’aise dans un environnement dans lequel on n’a pas la possibilité d’observer et d’analyser, à devoir rester fixé sur l’humain coute que coute. ça n’a aucun sens.
Je peux utiliser des friandises pour positiver un peu plus la situation (pas des croquettes, quelque chose de fun/motivant/appétant pour le chien), mais c’est faisable sans. La félicitation verbale à une grande importance dans ce contexte. Vous êtes son soutien!!

Vanessa Fontaine

Educateur canin / Comportementaliste, spécialisée chiens sensibles/réactifs/anxieux.

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