Un chien dans ma vie! (mon histoire)

T’as déjà vécu le stress d’une promenade avec un chien qui aboie et s’élance sur sa laisse à chaque fois qu’il voit un autre chien ? Moi, oui!!!!
Et c’est à partir de cette histoire que j’ai cherché à me spécialiser dans la réadaptation des chiens réactifs. Je sais exactement ce que tu traverses et je suis là pour t’aider à retrouver le plaisir des balades avec ton compagnon à toi.

Cette histoire, c’est celle de mon parcours et de ma première chienne !

Un rêve de berger allemand

D’aussi longtemps que je m’en souvienne, j’ai toujours voulu un berger allemand.
Ne me demandez pas pourquoi… Pour sa polyvalence, son intelligence, sa prestance physique, ce qu’il représente dans l’imaginaire collectif peut être.
Bref, tout un tas de raisons complètement subjectives qui n’appartiennent qu’à moi.
Chacun ayant un coup de cœur pour un profil de chien en fonction de son tempérament ou de pleins d’autres raisons 🙂

J’avais 20ans, et je suis partie à la recherche de mon premier chien. (en 2008)
C’est comme ça qu’est arrivé Durga [dourga]. La plus belle de tous les chiots de la terre! (oui, je suis très objective! 😀 )

Arrivée à la maison, j’avais fait tout ce que je pensais être bien. Tout le matériel était déjà là, en double, en triple, en quadruple même, « au cas où » ^^
J’étais prête à lui apprendre plein de choses, et j’avais hâte de pouvoir créer une relation exceptionnelle avec cette chienne.

Après lui avoir laissé le temps de découvrir la maison et de prendre le temps de s’acclimater, on a démarré tranquillement l’éducation de manière douce, ludique et tout se passait HYPER bien. Sauf que…

Les conseils d’ « experts »

c’est là qu’on commencé les problèmes..
« Attention, il faut la socialiser, sinon elle va devenir agressive »
– « faut la mettre avec des chiens », « pleins de chiens », pleins pleins de chiens »,
– « faut l’amener au marché pour qu’elle voit du monde »
– « la socialisation, après 3 mois c’est fini »
– « si tu l’exposes pas +++ maintenant, après c’est foutu »

Les conseils sont sortis de partout et nulle part venant de personnes qui étaient probablement persuadés de bien faire mais qui ont transféré leurs propres craintes et leurs propres croyances dans ma tête de jeune personne avec peu de confiance en moi et peu de connaissances à l’époque.. et je me suis mise à douter du bien fondée de ce que je faisais. Ces inquiétudes sont devenues les miennes.
Seulement…. Que de conseils à la con ! Mais j’ai eu le malheur de les suivre.

Alors d’un chiot super bien partie dans la vie, je me suis retrouvé avec une ado qui ne pensait qu’a tirer pour aller voir tous les chiens de la galaxie, et n’avait aucun rappel, quitte à se mettre en danger mais sans aucune agressivité.

mdrr!! l’adolescence dans toute sa splendeur ^^

On avait oublié de m’expliquer que la mettre en contact avec des congénères c’est une bonne idée, mais pas tout le temps et pas n’importe comment surtout. Il faut savoir les sélectionner pour apporter de bonnes expériences.

Alors, j’ai voulu « améliorer » un peu la situation, en lui apprenant à promener sans tirer sur sa laisse, (mais vu que le problème ne venait pas de là, c’était un peu hors sujet) et comme je n’avais pas franchement idée à l’époque de comment on apprenait ça, je me suis tourné vers là où j’étais sur de trouver des chiens et des conseils. Je suis aller vers… un club canin du coin!
Et alors, ça, c’était vraiment pas l’idée du siècle!

Vous en reprendrez bien une couche?

Et là, 2eme salve de conseils alarmistes infondés, arrivés de nulle part qui rentre dans ma tête:
« oula, elle vous domine là, il faut pas vous laisser faire »
« droit au canapé, mais vous vous rendez compte qu’elle peut devenir dangereuse si vous lui montrez pas qui est le chef »
« c’est un berger allemand madame, il faut être ferme »
« elle a 1an, il faut lui montrer où est sa place »
– « Ce n’est pas elle qui décide, elle n’a pas à aller voir les autres, il faut la punir ».. etc, etc…

Éducation archaïque et vision du chien en totale opposition avec ce que j’imaginais vivre avec ma chienne, je reste influençable parce que je pense avoir à faire à des personnes expérimentées et je me vois obligée de troquer son collier plat contre un collier à pointes … il parait que ça lui fait pas mal, mais ça montre qui est le chef, mais c’est pour son bien… il parait?! (BULLSHIT !!)

Je me retrouve tout d’un coup à vivre avec l’idée d’un potentiel ennemi dont il faut mater la rébellion alors qu’à l’origine il s’agissait d’une petite erreur de casting de socialisation.

Les premiers signes de réactivité

Tout d’un coup, la relation super chouette entre ma chienne et moi va commencer à vriller. Dans ce lieu, l’accès aux chiens est strictement interdit. Ils n’ont pas le droit de se rencontrer, ni de se renifler et encore moins de se regarder… Et je suis obligé de mettre des coups de colliers et de hausser le ton pour lui en interdire de s’en approcher alors qu’on se tient à 1m les uns des autres, et si je ne le fais pas, quelqu’un s’en charge pour moi.

Et là, je ne comprends pas. Ma chienne ne comprend pas… Elle est effrayée et je ne comprend pas en quoi cela va lui apprendre à savoir mieux se présenter aux autres chiens. Comment pourrait-elle apprendre avec eux, si elle n’a pas la possibilité d’interagir dans de bonnes conditions?!

Non content de n’avoir eu aucun impact sur sa marche en laisse, ma chienne devient agressive avec ses congénères, en se jetant en bout de laisse, en aboyant et en grognant après tous les chiens qu’elle croise après ça, ou à aller à la baston en liberté!

Pour moins de 10 séances effectuées, il me faudra plusieurs années pour effacer l’impact et le traumatisme que ça a créé.
Je me retrouve à devoir choisir mes lieux de balades pour les éviter. A devoir m’interdire certaines activités. Regarder par dessus mon épaule. A demander « y a un chien là bas avec les gens qui arrivent ? » pour avoir le temps de me préparer si je ne peux pas faire autrement que de me confronter à la situation.
Pfff… essaie de passer une promenade détendue toi dans ces circonstances ?!

Mais j’ai commencé à chercher des solutions ! Dans des livres, sur internet, mais il n’y avait pas autant d’informations qu’aujourd’hui sur une communication et une éducation respectueuse.
Mais c’est comme ça que j’ai commencé une activité en équipe avec son chien, le pistage, par le biais de la recherche utilitaire.

Le coup de grâce salutaire!

Et puis, j’ai décidé d’aller faire un stage.. qui a été la plus grande claque de ma vie.
Un stage K9games avec des activités ludiques qui devait me permettre de recréer de la confiance avec ma chienne. Mais ça ne s’est pas passé comme prévu. Elle n’a jamais voulu partager quoi que ce soit avec moi.
J’en veux pas de tes friandises.
J’en veux pas de tes jouets.
Faire un truc avec toi ? Euh, non merci, je me casse faire autre chose !
Pour une fois qu’on lui donnait le choix ? Et bien, va te faire, qu’elle m’a dit !
Outchhh !!!!!!!!!! ça m’a brisé le cœur.

Personne pour m’aider? Tant pis!
Alors, aux grands maux les grands remèdes, je suis entrée en formation pour devenir éducateur canin.
Et j’ai traversé la France pour aller valider mon dossier avec elle et faire mon entrée en Brevet Professionnel.

Un nouveau chemin d’apprentissage

Et au départ, cette formation, je l’ai fait uniquement pour elle. Pour comprendre où j’avais merdé !
Comment je pouvais rattraper les choses.
Et puis, je me suis rendu compte que mon histoire était loin d’être unique et qu’on était nombreux à être démuni face à ce genre de réactions et face à la pertinence des informations qu’on reçoit.

Une fois mon diplôme en poche, je suis partie travailler loin de chez moi, au refuge AVA, où j’ai croisé bien pire qu’elle, des chiens mordeurs, potentiellement dangereux, placés ici pour éviter un destin funeste. Mais aussi des profils de chiens moins dangereux, mais tout aussi variés où j’ai appris à fonctionner encore différemment. A mieux comprendre, mieux analyser, mieux associer les tempéraments pour maximiser les chances de réadaptation!
Et c’est là bas que j’ai adopté Rosko, Malinois traumatisé par l’humain, avec un passé rude, anxieux chronique, et la sublimissime Mia. Mais ça, c’est une autre histoire! 😉

Suite à ces expériences, j’ai voulu tester de nouvelles activités avec elle et refaire les choses autrement. J’avais de nouvelles clés, de nouvelles connaissances et j’ai voulu recommencer à en faire trop pour rattraper mes erreurs.
J’ai de beaux souvenirs, de beaux progrès, mais avec le recul, trop de mise en pratique, trop de séance d’entraînement, trop de doute, de remise en question, trop d’acharnement!
On aurait pu faire tellement plus simple et tellement mieux!
Elle a vraiment essuyé les plâtres de mon manque de connaissances.
Et j’ai continué mon parcours de formation.

Et puis finalement, j’ai fini par comprendre.. Et j’ai tout stoppé avec elle. j’ai juste arrêté de bricoler.

La VRAIE vie ensemble!

J’ai passé du temps sur les fondamentaux. Des notions de besoins, de confiance, de respect, de prise d’initiative, de choix, d’autonomie pour me faire pardonner d’avoir voulu m’imposer par la force en lui accordant la place qu’elle méritait: Celle d’un membre de ma famille, celle d’un individu à part entière, qui a ses forces et ses faiblesses.


Je nous ai simplement laissé vivre.
J’ai appris à la connaître, appris à la comprendre, appris à faire des compromis. C’est tout. La base!
On a trouvé un équilibre, on a eu une belle vie ensemble. Sans pression.
Elle m’a suivie partout, elle n’était pas patiente avec tous les chiens, mais elle a été formidable.
Elle a progressé, et elle m’a transmis tellement! <3
Et elle m’a accompagné en clientèle pour aider d’autres chiens à avancer dans leurs parcours.

A mon tour de transmettre

Et je croise beaucoup de gens, dans mon métier depuis + de 10 ans, qui sont dans cette situation. Des chiens anxieux, agressifs, émotionnellement instables, complétement survoltés. A ne pas savoir quoi faire, ou au contraire à vouloir en faire des tonnes, améliorer toujours plus, faire la course à l’apprentissage, vouloir se faire obéir toujours plus. Partant d’un bon sentiment.. pour leur bien.. sans conscientiser du mal être qu’ils sont peut être en train de se créer.

Moralité: Parfois, vouloir trop en faire, vouloir un chien trop parfait, ne donne pas du tout le résultat imaginé. Surtout lorsque par inquiétude ou méconnaissance, on est influencé par une vision centré sur la peur de « la dérive ».

Ce sont des êtres vivants, et oublier cela en pensant faire de la mécanique, en modifiant un petit peu par-ci et en réparant un petit peu par là ne fonctionnera pas. Il faut penser le chien comme un individu et non comme une pâte à modeler.
Rien faire du tout et les laisser livré à eux même n’est pas la solution pour autant. Mais le juste milieu se trouve quelque part entre les 2. Il faut juste se concentrer sur l’essentiel!